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Détecter les causes réelles d’un turnover anormal dans un service stratégique

Détecter les causes réelles d’un turnover anormal dans un service stratégique

Un service stratégique qui enregistre des départs répétés envoie un signal clair. La continuité de l’activité se fragilise, la charge se redistribue de façon déséquilibrée, la connaissance se dilue et les équipes qui restent sur place entrent dans une logique de tension permanente. Le turnover cesse alors d’être un indicateur RH pour devenir un sujet de pilotage global, au croisement de la performance, de la gouvernance et de la capacité à tenir les engagements business.

Traiter ce phénomène comme une difficulté de recrutement conduit rarement à des décisions efficaces. L’expérience montre qu’un turnover anormal agit davantage comme un révélateur. Il met en lumière des dysfonctionnements installés, parfois tolérés, souvent mal qualifiés. L’audit RH ciblé offre un cadre d’analyse permettant de passer du constat à une compréhension fine, puis à des arbitrages éclairés.

Distinguer le turnover de marché du turnover problématique

Le marché du travail français se caractérise par une mobilité élevée. Au deuxième trimestre 2025, plus de 6,5 millions de contrats ont été signés dans le secteur privé, avec un volume de fins de contrats presque équivalent sur la même période1. Cette dynamique rend toute lecture simpliste du turnover inopérante.

La question pertinente consiste à qualifier ce qui se joue dans un périmètre donné. Un service stratégique présente trois particularités. Il concentre des compétences clés. Il supporte une part significative de la création de valeur. Il dépend fortement de la stabilité collective pour maintenir son niveau d’exécution. Un taux de turnover supérieur à la moyenne de l’entreprise, associé à des départs concentrés sur des profils expérimentés ou des collaborateurs récemment recrutés, modifie profondément l’équation.

Les données européennes confirment cette fragilité. Seuls 46 % des recrutements aboutissent à une présence effective du collaborateur six mois après l’embauche, en combinant un taux d’acceptation des offres de 56 % et une attrition élevée en période d’essai2. Dans un service stratégique, cette instabilité génère un coût direct, mais surtout une perte de capacité à tenir les priorités.

Le turnover : symptôme d’un déséquilibre interne

Les retours terrain convergent. « Les départs répétés s’expliquent rarement par un facteur isolé. Ils apparaissent le plus souvent à la suite d’une combinaison de rôles insuffisamment définis, de charges de travail déséquilibrées et de pratiques managériales qui peinent à réguler la pression opérationnelle », explique Benjamin Herbaut, Président de VAST PRO.

Dans un service stratégique, la pression opérationnelle agit comme un amplificateur. Les arbitrages implicites deviennent la norme. Les urgences se succèdent sans régulation claire. Les collaborateurs compensent jusqu’à atteindre un seuil de saturation. Le turnover agit alors comme un mécanisme de régulation informel, coûteux et instable.

Cette lecture modifie la nature du problème. Il ne s’agit plus d’attirer davantage de candidats, mais de comprendre ce qui rend la situation difficilement tenable pour ceux qui sont déjà en poste.

Délimiter un audit réellement ciblé

Un audit RH efficace repose sur un périmètre clairement défini. Le service stratégique concerné constitue le point d’entrée, mais l’analyse gagne à intégrer ses interfaces clés. Les causes des départs se situent souvent à la jonction entre plusieurs fonctions, dans les circuits de décision, la priorisation des demandes ou la gestion des dépendances internes.

Le cadrage initial fixe les axes d’investigation. Organisation du travail, pratiques managériales, reconnaissance, trajectoires professionnelles, cohérence de la rémunération ou lisibilité des priorités forment un ensemble cohérent. L’identification des parties prenantes complète cette étape. Direction, managers, collaborateurs en poste, nouvelles recrues et anciens collaborateurs apportent des angles de lecture complémentaires sur une même réalité.

Cette pluralité de points de vue évite une lecture univoque et prépare le terrain d’un diagnostic partagé.

Exploiter les données pour objectiver la situation

Les indicateurs RH constituent un socle indispensable. Historique du turnover, absentéisme, arrêts maladie, mobilité interne, promotions et révisions salariales offrent une première cartographie des tensions. L’enjeu réside dans leur mise en perspective.

Les tendances observées à l’échelle européenne éclairent ces analyses locales. Près de 26 % des salariés citent la relation avec leur manager parmi les principaux motifs de changement d’emploi, avec une intensité marquée en France2. Les départs précoces constituent également un indicateur fort, souvent lié à un décalage entre la promesse formulée et l’expérience vécue.

Le croisement de ces données avec des événements organisationnels précis permet d’identifier des séquences récurrentes. Changement de management, réorganisation, évolution des outils ou transformation des modes de travail apparaissent fréquemment comme des déclencheurs.

Donner toute sa place au qualitatif

Les causes profondes du turnover émergent rarement des tableaux de bord. Les entretiens individuels offrent un accès direct à la réalité du travail. Ils permettent d’explorer la clarté des rôles, la qualité des arbitrages, la reconnaissance perçue et la dynamique collective.

L’analyse documentaire complète ces échanges. Organigrammes, fiches de poste, processus de pilotage et dispositifs d’évaluation mettent souvent en évidence des écarts entre le fonctionnement attendu et la pratique quotidienne. Ces écarts alimentent un sentiment de surcharge ou de désalignement, fréquemment exprimé dans les verbatims.

L’approche qualitative structurée transforme des perceptions individuelles en matériaux d’analyse comparables, exploitables à l’échelle du service.

Intégrer la promesse employeur dans l’audit RH

La dimension marque employeur occupe une place centrale dans la compréhension du turnover. « Dans les situations de turnover élevé, l’analyse révèle très souvent un décalage entre ce qui est formulé au moment du recrutement et ce que les équipes vivent réellement une fois en poste. Cet écart fragilise rapidement l’engagement et accélère les départs précoces », observe Benjamin Herbaut. 

Les chiffres confirment cette tension. 18 % des nouvelles recrues quittent leur poste pendant la période d’essai, un indicateur fort d’une déception rapide liée à l’expérience réelle2. Dans un service stratégique, cette situation alimente une spirale coûteuse. Chaque départ précoce fragilise l’équipe, accroît la charge et complique l’intégration des suivants.

L’analyse de la promesse employeur permet de déterminer si le turnover résulte d’un problème d’attractivité ou d’une incohérence interne plus profonde.

Passer du diagnostic à la hiérarchisation des causes d’un turnover anormal

Le croisement des sources quantitatives et qualitatives permet de regrouper les causes identifiées en grandes familles. Pratiques managériales, organisation du travail, conditions d’exercice, développement professionnel et climat relationnel constituent des catégories fréquemment observées.

La priorisation repose sur plusieurs critères. Fréquence des signaux, corrélations avec les indicateurs RH et capacité d’action de l’organisation orientent les arbitrages. Cette étape représente un moment clé du processus. Elle transforme un constat diffus en un ensemble de leviers clairement identifiés.

L’audit RH ciblé produit alors une lecture lisible pour la direction. Il met en évidence les zones de tension qui appellent des décisions, plutôt que des ajustements périphériques.

Orienter les décisions et piloter dans la durée

La valeur d’un audit se mesure à sa capacité à éclairer l’action. Les leviers identifiés appellent des réponses adaptées à la réalité du service. Accompagnement des managers, clarification des responsabilités, ajustement de l’organisation ou redéfinition des parcours professionnels figurent parmi les pistes fréquemment activées.

Les données montrent l’impact de ces choix. Les entreprises qui offrent une expérience collaborateur positive multiplient par huit les probabilités de fidélisation des équipes2. Cette performance repose sur un pilotage attentif, associant la direction, les managers et la fonction RH autour d’un diagnostic partagé.

Le suivi des actions engagées dans le temps garantit la crédibilité de la démarche et renforce la capacité de l’organisation à anticiper les signaux futurs.

Un turnover anormal dans un service stratégique agit comme un révélateur. Il signale des déséquilibres qui dépassent largement la question du recrutement. L’audit RH ciblé offre un cadre rigoureux pour comprendre ces mécanismes, objectiver les causes et orienter des décisions cohérentes avec les enjeux de performance et de stabilité.

En transformant un phénomène subi en indicateur analysé, l’entreprise se dote d’un outil de pilotage utile. Le turnover cesse alors d’être un simple chiffre pour devenir un levier de lecture du fonctionnement réel et un point d’appui pour des choix éclairés.

Vous faites face à un turnover persistant dans un service stratégique ?
Les équipes de VAST PRO accompagnent les directions générales et RH dans la conduite d’audits RH ciblés, conçus pour objectiver les causes réelles des départs et éclairer les décisions à fort enjeu.

Contactez VAST PRO pour évaluer l’opportunité d’un audit adapté à votre contexte et à vos priorités.

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